Peintre graveur livre de conte

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Intensément formée depuis bientôt quarante ans par ses études aux Beaux-Arts de Paris, juste après la révolution islamique en Iran, sa patrie, un événement qu’elle avait fini par refuser et qui a motivé son exil vers la France, Farzaneh Tafghodi a d’abord beaucoup peint dans une magnifique pratique classique qu’elle ne renie pas pour autant.
Mais aujourd’hui, le temps lui est venu de reconsidérer sa peinture. Cela exige pour elle de retrouver le potentiel émotif de l’improvisation libre ou la sensation directe de la couleur pure.

C’est pourquoi elle privilégie, dans cette série d’œuvres récentes, la sensibilité des médiums si fragiles et évanescents que sont l’aquarelle et la gouache. Leur onde transparente est capable de vivre sa propre vie en diffusant librement dans le cœur du papier blanc. Farzaneh regarde alors se développer le cours des choses qu’elle sait ne pas pouvoir complétement contrôler. Les êtres qu’elle fait naître sur la feuille développent leur autonomie profonde sans se laisser totalement happer par son savoir-faire. Ici, un trait vient dissoudre dans son sillage une part du visage qu’elle avait pourtant soigneusement posé au pinceau. Là, des coulures improvisent soudainement des états d’âmes secrets qu’elle n’avait pas forcement convoqués. C’est de cette rencontre sensible et hasardeuse entre la maîtrise du geste de l’artiste et les caprices surprenants de l’aquarelle que naît le charme quelque peu sauvage.

Peinte et aquarelliste meudonnais.

"La peinture est une façon de vivre. On y met son âme, sa sensibilité. Les sujets déclenchent une émotion et pas seulement chez les artistes. On apprend toujours, le dessin, la couleur, les reflets. Et tout se partage : Paris, Meudon, et un peu plus loin la Bretagne."
Henri Lacouture